27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 21:42

Jeux dangereux   : comment les prévenir ?

 

Docteur Marie -France  LE HEUZEY,

Auteur de : Jeux dangereux : quand l’enfant prend des risques

éditions Odile Jacob 2009

 

 

Les conduites de risque étaient  classiquement l’apanage de l’adolescence. Pourtant on assiste depuis quelques années à un rajeunissement des comportements de mise en danger :  consommations d’alcool, de tabac et de drogue de plus en plus précoces  , pratiques de sports à risque, troubles du comportement alimentaire (anorexie mentale prépubère…) , et au sein de ces mises en danger la pratique , en milieu scolaire souvent, de «   jeux dangereux »

Victime ou  acteur plus ou moins consentant tout élève est   confronté un jour ou l’autre à un de ces jeux  , mais il en  garde généralement le secret vis à vis de ses parents     

 Ces jeux sont dangereux pour soi même ou pour autrui, parfois pour les deux .

On distingue deux grandes catégories de jeux : les jeux de non oxygénation et les jeux d’agression

1/les jeux  de  non oxygénation ,«  jeu du foulard  , jeu du cosmos, rêve indien,   30 secondes de bonheur, coma indien, rêve bleu etc… » ,  se pratiquent seul ou à plusieurs .

A l’aide d’une ceinture , d’un foulard  et plus souvent seulement à l’aide des pouces placés sur les carotides, « on »  s’étrangle jusqu’à  la perte de connaissance.           

 Le  but  est de priver le cerveau d’oxygène et   de créer  .avant la perte de connaissance des sensations  « agréables  «  ;  mais  la prolongation de l’anoxie  peut  conduire au coma  puis au décès. Certains  jeunes  se mettent     à jouer  seuls chez eux  ce qui augmente notablement  le risque d’issue fatale

Il existe des variantes  des jeux de non oxygénation  tels que le jeu du sternum ,le jeu de la tomate  ,le jeu de la grenouille   

2/  les jeux d’agression

En leur sein on peut différencier les jeux intentionnels où  a priori les enfants jouent volontairement, mais où en fonction des aléas du jeu le même enfant peut être tour à tour agresseur ou agressé (jeu de la canette,du cercle infernal ..),et les jeux contraints où

  un enfant est choisi le matin comme victime et fait l’objet de coups  et d’ humiliation  par le groupe d’agresseurs (jeu de la mort subite,des cartons rouges …)Ces jeux s’intègrent dans le phénomène plus large du « bullying » :  conduites d’agression systématique de certains enfants par d’autres ,avec son prolongement sur internet : le cyberbullying

 

Comment analyser ces comportements ?

Les jeux de strangulation ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais  les publications scientifiques  les ont longtemps   assimilés à des conduites suicidaires ou  à des comportements paraphiliques  (perversion sexuelle)  Il a fallu    les années  2000       , et la mobilisation de parents endeuillés  pour que ces pratiques soient reconnues    …..

Les mécanismes psychologiques qui conduisent à ces jeux sont variés :     recherche de nouveauté , recherche de sensation forte  , d’éprouvé intense et de vertige…

 La sensation de plaisir et le  vertige    conduisent  à la répétition du jeu,comme dans une addiction : "Toxicomanie sans drogue"        

Le milieu environnant  joue un rôle important ,certains enfants jouant pour obtenir la   reconnaissance par les pairs :pour être admis dans un groupe de copains, il faut en passer par certains rites ,il ne faut pas « se dégonfler »,ne pas perdre la face    .     

La participation à des jeux d’agression soulève la question  des  comportements violents durant l’enfance et l’adolescence  : manque de repères stables dans l’environnement familial, manque de  certaines valeurs, sentiment d’insécurité, observation  ou vécu de violences domestiques, valorisation de la violence à la télévision et   dans les jeux videos

 

 Que faire ?

Certains signes peuvent   être repérés par les parents   : traces rouges autour du cou, notion de vision floue, d’étourdissements, de bourdonnements d’oreilles, de fatigue, de baisse du rendement scolaire, difficulté à se séparer de sa ceinture, ou de son foulard

Les parents doivent informer les enfants des dangers, en se faisant aider de leur médecin ;Des informations et prévention peuvent être mises  en place à l’école

En cas d’agressions il est important de ne pas minimiser ni pour l’agresseur ni pour la victime.

L'enfant victime de mauvais traitements de la part des autres peut présenter différentes traces de coups non ou mal expliqués, avec vêtements déchirés, lunettes trop souvent cassées…

Parfois c'est le refus d'aller à l'école accompagné de signes anxieux ("tableau de phobie scolaire")L'anxiété et  la peur  sont parfois   exprimées verbalement, ou plus souvent  physiquement (douleurs abdominales ou  céphalées répétitives )  

La souffrance de la victime doit être entendue.,par ses parents ,l’équipe scolaire et éventuellement un psy

Le ou les agresseurs doivent être punis ,leurs parents prévenus . 

 

Questions abordées ?

L’age minimum pour parler de ces choses

L’écoute  variable des établissements scolaires

L’attitude des autres parents

Le matériel de prévention disponible pour les enfants aux mêmes

Le catch ; le rôle de la TV et des jeux  sur écran

    

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