3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 23:13

 

 

Gérer la précocité d’un enfant

Si la précocité est de plus en plus acceptée, sa détection est loin d’être systématique. On estime à environ 2% les élèves intellectuellement précoces. Cette mesure est peu précise et vraisemblablement sous-estimée.

Insuffisamment gérée, elle peut pourtant produire des effets indésirables chez l’enfant : ennui, désinvestissement, absence d’effort….

La précocité revêt des aspects très divers (qui ne peuvent tous être décrits ci-dessous).En cas de soupçon, il est donc important de consulter des spécialistes de l’éducation : enseignant, psychologue spécialisé,  association ayant pour objet la précocité… la FCPE de Houilles se tient également à votre disposition.

Voici quelques extraits issus de différents témoignages de parents ovillois:

Peut-on détecter des signes chez  l’enfant?

« La petite section s’est très bien passée pour notre fille. En revanche, elle a manifesté des signes d’ennui en moyenne section. Elle a géré sa frustration en nous sollicitant énormément. Nous avons finalement acheté un livre d’apprentissage de la lecture, Si bien qu’elle savait lire à 4 ans ½ ».

« Notre fils a manifesté son ennui à l’école dès la petite section de maternelle. Particulièrement le matin où il trainait pour se lever, s’habiller, déjeuner. Il s’est même fait vomir. Le rituel se terminait généralement par des pleurs sur le chemin de l’école ».

Comment ont réagi  les personnels de l’éducation nationale ?

« Pour notre fils ainé l'institutrice de moyenne section nous en a parlé. Il avait quelques facilités évidentes pour elle. Notre fils selon elle s'ennuyait mais il ne le verbalisait pas. Il était réceptif à ce qu'elle proposait et elle a commencé à lui proposer des activités d'apprentissage de grande section ».

« Sa maîtresse n’avait pas détecté de problème, puisque notre fille n’exprimait pas sa frustration à l’école. Nous avons cependant eu un échange fructueux. La maîtresse a regroupé les élèves en phase d’acquisition de la lecture (contre l’usage privilégiant des groupes hétérogènes), afin de leur donner des activités plus adaptées ». Par contre, nous n’avons pas trouvé de consensus sur un saut de classe. La maîtresse s’inquiétait de sa timidité, voire de sa petite taille (elle est en fait de taille normale). Elle ne l’imaginait pas en CP. Nous avons donc décidé de ne pas demander de saut de classe. »

« La maîtresse de notre fils était très sensibilisée à la question, puisque son propre fils était précoce. Elle avait donc suivi le même processus que nous. Un échange nous a permis de prendre conscience du risque de désinvestissement de sa part. Il participait de moins en moins aux activités de la classe. Il ne nous sollicitait pas non plus. C’est la maîtresse qui nous a conseillé de demander un passage en grande section pour lui.

Votre enfant a-t-il souffert de la situation ?

« Clairement oui, notre fille avait mûri pendant les vacances et  paraissait plus sure d’elle. Sa rentrée en grande section a été infernale. Elle s’ennuyait tellement qu’elle pleurait le soir avant de se coucher. »

« Prendre en compte sa « souffrance » a été extraordinairement bénéfique pour notre fils. Son comportement a changé du jour au lendemain, dès lors qu’il a pu effectuer quelques activités plus en rapport avec son âge mental. »

« Notre fils ne semblait pas souffrir de la situation, il ne l'exprimait pas.   

A –t-il effectué un saut de classe ? A quel niveau ?

« L'école a proposé un décloisonnement en grande section courant mars, notre fils était réticent. Il a fait quelques demi-journées en grande section mais ensuite il ne voulait plus s'y rendre. Nous avons discuté avec la directrice et l'institutrice de moyenne section et avons décidé d'écouter notre fils d'un commun accord. Il a donc fini l'année chez les moyens ». 

« Notre fille est passée de grande section au  CP pendant les vacances de la Toussaint. Comme il s’agissait d’une simple réduction de cycle * et que la démarche venait de l’école, les choses ont été relativement simples. Nous avions cependant très peur qu’elle ait du mal à s’adapter à sa nouvelle école et à sa nouvelle classe. Finalement, les choses se sont bien passées ».

« Notre fils  est passé directement en grande section. 

Quelles démarches avez-vous effectuées ?

« Un avis externe a été requis. Les ressources publiques étant très limitées (psychologue scolaire débordée**), nous avons donc fait réaliser un test de QI *** chez un psychologue du secteur privé. Nous nous posions de réelles questions sur l’intérêt de ce test sur un enfant de (presque)  4 ans. Finalement, nous avons appris des choses assez surprenantes concernant le comportement de notre enfant », notamment son hypersensibilité.

« La directrice et l'institutrice ont proposé un saut de classe, de la moyenne section en CP.
Nous avons pris rendez-vous avec une psychologue privée car celle de l'école n'avait pas le temps de le recevoir. Il a donc fait un test de QI et effectivement il s'est révélé être précoce. L'avis de la psychologue était favorable .  A la suite de cet avis nous avons avec l'école fait la demande du saut de classe qui a été acceptée par l'inspection académique ».

 « De plus, la maîtresse a fait faire des tests d’évaluation des acquis, afin de vérifier si notre enfant de souffrirait pas de lacunes en sautant une classe. Ces tests ont été déterminants dans la décision finale. En effet, ils témoignaient du soutien de l’enseignante à notre démarche ». 

 « Pour préparer notre passage en commission d’appel, suite à l’avis négatif de l’inspectrice de circonscription, nous nous sommes adressé à l’AFEP  (association des enfants précoces). Cette association nous a fourni une aide gratuite pour monter un dossier efficace et nous informer des textes "réellement" en vigueur. Sans quoi, nous aurions été complétement désorientés.

Avez-vous rencontré des problèmes spécifiques dans cette démarche ?

« Nous avons été confrontés à une situation assez effarante. Alors que l’école avait proposé une réduction de cycle, l’inspectrice de circonscription a fait annulée la proposition. Elle a argumentée (avec une parfaite mauvaise foi), qu’une réduction du premier cycle  était impossible. La commission d’appel nous a finalement donné raison.

« Le fait que notre fille sache lire très tôt a parfois été mal perçu par nos différents interlocuteurs. Nous étions soupçonnés de la  « pousser »… Les choses se sont particulièrement mal passées avec une première psychologue qui  nous a affirmé qu’un enfant de cet âge ne devait pas lire et qu’il fallait lui apprendre à gérer sa frustration. »

Considérez-vous cette réduction de cycle comme un succès ?

« Oui pour notre fille, qui s’est très bien intégrée dans sa classe et a de très bons résultats scolaires

« Le fait qu’il participe plus aux activités de sa classe et qu’il ait des amis, est déjà un gage de succès pour notre fils. Il suit des cours de soutien pour améliorer son graphisme, ce qu’il apprécie beaucoup.  Il est qualifié de très « scolaire » par sa maîtresse, ce qui doit se traduire par…vivement le CP… »

« L'année au CP s'est très bien passée, il n'a eu aucune difficulté d'ordre scolaire. Les premières semaines il était isolé, seul en récréation. Nous en avons parlé avec lui en lui conseillant d'aller vers les autres enfants même s'il ne les connaissait pas. Il a fait des efforts de communication et en octobre il avait des copains. Le passage en CP a été bénéfique pour notre fils ».

Avez-vous envisagé de sortir votre enfant du système scolaire pour le mettre dans une institution spécialisée :

« Même si on nous en a brièvement parlé, nous avons préféré écarter cette option. D’abord, parce que nous considérons comme satisfaisant le dialogue avec l’éducation nationale (malgré quelques péripéties). Ensuite, la proximité de l’école est un avantage considérable pour le développement de notre enfant, qui peut plus facilement se faire des copains… et le bon fonctionnement de la famille. Enfin, la réduction de cycle a pour l’instant produit les effets attendus».

‘* réduction de cycle = saut de classe. L’école primaire est organisée en cycles.

Le cycle 1, dit «des apprentissages premiers, concerne les deux premières années de maternelle ;
- Le cycle 2 dit « des apprentissages fondamentaux», couvre la grande section de maternelle, le CP et le CE1.
- Le cycle 3 dit «des approfondissements», démarre en CE2 et s’achève en CM2.

Ceci a un impact sur la procédure de saut de classe, qui est du seul ressort de l’école à l’intérieur d’un cycle, mais doit faire l’objet d’un accord de l’IEN (inspecteur de l’éducation Nationale), si cela implique un changement  de cycle.

‘** :  Psychologue scolaire

http://www.phosphore.com/metier/137/nom/Psychologue-scolaire

*** tests de QI :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Quotient_intellectuel

Nouveauté 2010 : l’éducation nationale met en place un Guide d'aide à la conception de modules de formation pour une prise en compte des élèves intellectuellement précoces

http://www.education.gouv.fr/cid49838/mene0900994c.html

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