13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 22:27

Cet article, publié le 1er décembre dans le courrier des Yvelines, en collaboration avec les fédérations de parents et les enseignants de l'école Kergomard de Houilles, suivait un triple objectif:

 

- faire prendre conscience que dès leur plus jeune âge,  les enfants peuvent être confrontés ou commettre des actes de violence ou d'incivilité en milieu scolaire. Ces actes ne doivent pas être confondus avec les jeux de cour traditionnels, où les enfants sont consentants. On peut penser que cette situation est assez générale et ne se cantonne pas aux zones dites "sensibles" (l'école Kergomard de Houilles est située dans une zone pavillonnaire). Le tableau est cependant loin d'être noir, puisque de nombreuses démarches sont entreprises dans différentes écoles publiques pour amener les enfants à mieux se comporter,

 

-   nous rappeler que nous sommes, en tant que parents, les premiers éducateurs de nos enfants. Nous devons agir pour les voir adopter progressivement un comportement adapté à leur intégration et à leur réussite scolaire, par exemple, en surveillant ce qu'ils regardent à la télévision...  De plus, confier notre enfant à l'enseignant implique de  soutenir l'action de ce dernier et surtout de ne pas dénigrer l'institution devant nos enfants,

 

- souligner qu'une bonne communication parents-enseignants est fondamentale à la réussite de cette démarche éducative. L'éducation nationale doit comprendre qu'il faut mettre fin à l'omerta sur ce sujet et en parler en toute transparence avec les parents, dans une approche plus positive (qu'une simple convocation  quand l'enfant a un mauvais comportement). Devant l'enfant, parents et enseignants doivent pouvoir tenir un discours redondant sur les questions d'éducation,

 

 

 

artcy1JPG.JPG

artcy2-copie-1.JPG

 

 

Autres articles sur le sujet dans la rubrique:

apprendre à vivre ensemble, jeux dangereux

Repost 0
7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 15:18

 

image respect

Cet article contient aussi le résultat du petit questionnaire qui avait été adressé aux parents.

 

 

5 remarques:

 

- On est toujours surpris des situations de violences entre enfants, dès la maternelle et quel que soit le milieu social (l'école n'est pas située dans un quartier dit "sensible"),

- Si on en parle, ce n'est pas pour se faire peur entre parents, mais pour prendre conscience de notre rôle dans l'éducation de nos enfants. Celle-ci influence leur intégration sociale et leur réussite à l'école,

- Il existe dans notre école une vraie volonté d'abolir la barrière "mentale" entre le monde de l'école et la famille. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, ils doivent donc savoir comment fonctionne l'école et ce qu'il s'y passe, afin de remplir leur rôle du mieux possible,

- Il est tout à fait possible et souhaitable d'éduquer de très jeunes enfants aux notions de respect de soi et de l'autre. Il faut adapter la méthode à l'âge de l'enfant et privilégier la démonstration (utiliser des marionnettes ou faire semblant de se comporter comme un enfant pour lui faire prendre conscience de son propre comportement, peuvent par exemple se révéler très efficace),

- Il faut enfin faire attention à notre propre comportement devant nos enfants et témoigner nous même du respect envers l'institution. Si nous même ne respectons pas l'école et ses rêgles, comment nos enfants pourraient-ils le faire?

 

Ps: merci à Eric (pour le CR) et Laëtitia (pour les résultats des questionnaires)

 

Réunion Enseignants – Parents d’ élèves

Thème : Projet Vivre Ensemble - Respect de soi et des autres

Date : 19 octobre 2010

 

 

Une quarantaine de parents d’élèves et d'ensaignants étaient présents. Devant la participation et les témoignages des parents, la réunion s’est déroulée sous la forme d’un débat ouvert.

L’analyse des réponses au quizz n’a pas été réalisée (voir plus bas...), ni les « jeux de rôles / mises en situation » préparées par l’équipe enseignante.

 

Résumé des débats

 

  1. Constat

L’équipe enseignante a constaté une recrudescence des actes de violences en quelques années. Cela n’est pas du à l’effectif car 1 : il y avait autant d’élèves dans les classes il y a 20 ans, et 2 : l’augmentation de ces actes s’est vue de façon notable ces 5 dernières années.

 

Cette violence se traduit sous plusieurs formes :

  • Verbale :
    • insultes
    • gros mots
    • mais aussi rabaissement de l’autre (t’es gros, tes chaussures sont moches, on comprend rien de ce que tu dis)
    • menace physique

 

  • Physique :

Sur les autres : si les bagarres ont toujours existé on relève une certaine « professionnalisation » des actes

  •  
    • Jets d’objets
    • Coup de poing porté (y compris sur le corps enseignants)
    • On joue au « catch »

Sur le matériel : augmentation des jouets/jeux cassés et livres déchirés

Sur soi-même : Pratique d’activités (attention à l’utilisation du mot  JEU avec les enfants) à risques : « cascades », type « jeu du foulard/tomate », on s’arrête de respirer

NB : attention la « bagarre » peut être un jeu si on définit certaines règles et si tous les participants sont consentants.

 

  • D’ordre sexuel (ont été brièvement abordés 2 exemples concrets dont l’un s’est déroulé l’année dernière)

Acte d’attouchement caractérisé par plusieurs garçons sur une petite fille non consentante à plusieurs reprises (à ne pas confondre avec les situations classiques de la découverte du corps de l’autre).

Simulation d’un acte sexuel par 2 enfants.

 

Bien souvent ces actes sont réalisés lors de la période de récréation : 2 surveillants pour 100 élèves (ce ratio a surpris les parents) qui ne permet pas une surveillance à 100%. Mais on peut aussi les voir en classes, et même sous les yeux d’adultes (parents ou enseignants).

 

Si proportionnellement ces comportements se retrouvent plus chez les garçons, les filles sont aussi concernées.

 

 

  1. Pourquoi ?

La violence est de plus en plus présente dans la société :

-          télévision : catch (certains enfants de 3 ans regardent) et sports de combats, journal télévisé, film du soir, teaser du film du soir dans la journée

-          vie de tous les jours : dans la rue, la cour…

-          à la maison : grands frères ou sœurs (imitations), parents (certaines discussions ne regardent pas les enfants)

-          jeux vidéos dans une moindre mesure pour des enfants de maternel (sauf si grand frère)

 

Les enfants reproduisent ce qu’ils ont vu ou entendus ou subis (la victime devient bourreau) mais n’ont en général pas conscience de la portée de leurs actes tant sur eux-mêmes (se blesser gravement en faisant une cascade) que sur les autres.

Typiquement : il voit le catch au 1er degré, sans comprendre que c’est un spectacle de professionnels entraînés ; ils n’ont pas conscience de ce qu’est la mort.

 

Certains enfants peuvent aussi mal réagir à l’entrée à l’école qui peut être douloureuse/violente pour eux. Ils peuvent extérioriser ce mal être par la violence.

 

 

  1. Que faire ? Quelques pistes

Respecter les enfants pour qu’ils apprennent à se respecter

Si les parents ne peuvent pas être parfaits, il faut donner l’exemple : surveiller son langage, conversation devant les enfants, être respectueux des règles de savoir vivre au moins en leur présence

Réagir systématiquement si l’on constate que notre enfant est victime ou coupable (même si la faute est involontaire : il peut avoir bousculé un enfant sans le faire exprès) d’un de ces gestes en :

-          Intervenant immédiatement : qu’ils comprennent bien où était la faute,

-          Expliquant pourquoi c’est mal / leur apprendre l’empathie,

-          Lui apprendre à s’excuser (attention s’excuser ne doit pas devenir un simple « jeu » qui permet de faire n’importe quoi dès lors qu’on s’excuse après)

-          En punissant si nécessaire :

o   La punition doit être juste (niveau de sanction/récurrence de l’acte)

o   Que l’enfant comprenne pourquoi

o   Ne pas menacer d’une sanction qu’on n’appliquera pas

o   Ne pas se culpabiliser soi même

 

Attention à l’utilisation de la double peine : repunir l’enfant à la maison parce qu’il a été punit à l’école n’est pas toujours approprié. Il peut ne pas comprendre ou avoir oublié la bêtise du matin par exemple.

 

Il est très important de discuter avec l’enfant pour comprendre et lui faire comprendre.

 

Pour les enfants « victimes » :

 

       - savoir être à l'écoute pour détecter leur souffrance (celle-ci peut aussi s'exprimer par des attitudes, refus d'aller à l'école...),

-          Leur apprendre à savoir dire « non »,

-          leur apprendre à aller voir un adulte/enseignant s’il juge qu’on lui fait/demande de faire ou est le témoin de qqch d’anormal

 

En cas de doute sur le comportement de l'enfant, ne pas hésiter à contacter l'école (par tél ou le cahier de liaison...)

 

Les enseignants sont vigilants au mieux de leur possibilité et le cas échéant punissent. Ces punitions ne sont pas systématiquement remontées aux parents : seuls les actes jugés vraiment inadmissibles ou les mauvais comportements récurrents le sont.

Le système d’alerte des parents en fin de semaine par « bonhomme rouge ou vert » utilisé dans d’autres écoles selon que l’enfant a été sage ou pas a été évoqué avec quelques limites (risque de la double peine / concours à celui qui aura le plus de bonshommes rouges par les enfants).

Il n’est pas facile d’entendre que son enfant a des comportements violents ou irrespectueux mais il faut l’accepter et travailler pour corriger la situation.

 

Si un parent constate que son enfant revient avec des blessures ou se plaint d’un camarade, il faut absolument transmettre l’information à son enseignant (carnet de correspondance, appel de l’école, en déposant ou venant récupérer les enfants.

 

Il faut aussi savoir détecter que son enfant va mal (il ne le dira pas forcément de lui-même) : il ne veut plus aller à l’école, ne veut pas se lever, a mal au ventre.

 

L’aide d’un psychologue scolaire ou des maîtres G et E peut-être recommandé, bien que difficile à obtenir (peut de personnel et donc réservé prioritairement aux enfants du cycle II: GS, CP et CE1).

 

Aucune situation n’est irrémédiable et ce qui n’est pas fait avec les enfants de 3/5 sera d’autant plus difficile à faire lorsqu’il sera adolescent.

 

  1. Suite à donner

Parler avec les parents qui n’ont pu assister à la réunion des sujets abordés.

Une nouvelle réunion sera faite dans l’année (essayer de trouver un autre créneau horaire, 18h est un peu tôt)

Des décloisonnements seront réalisés par les enseignants avec les enfants identifiés comme ayant des comportements violents, et avec d’autres pris au hasard.

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Résultats du quizz sur le projet « Vivre ensemble »

 

89 formulaires ont été remplis, quelques chiffres et exemples :

 

1. Pouvez-vous définir le mot « respect »

- 81 définitions

- 8 sans réponse dont un avec le mot « quizz » systématiquement rayé

« Quizz » fait référence à un jeu et ce qui était proposé était davantage un sondage.

 

Parmi les définitions, ce qui revient le plus fréquemment :

·         La conscience de l’entourage : traiter avec égard / la politesse / la considération pour autrui/ savoir vivre avec les autres / le partage / conscience des autres / aimer les autres, vivre en harmonie/ ne pas faire à autrui ce qu’on ne veut qu’on nous fasse /

·         Les règles : tenir compte des règles / connaître les limites

·         La tolérance : accepter les différences

·         L’éducation : la politesse / obéir aux adultes / le respect est une chose qui s’apprend ave l’éducation / le respect est la discipline, la crainte

·         L’estime de soi

·         Le dialogue : écouter / dialoguer écouter soi-même et les autres

·         Autres : considérer les adultes de l’école comme les garants de l’autorité, de ses camarades pour éviter toute violence physique ou verbale / le respect est la vénération, la déférence pour quelqu’un, quelque chose à cause de son excellence, ses qualités, son âge.

 

2. Avez-vous déjà été confronté à des situations de violence entre enfants ? Si oui, décrivez la situation et ce que vous avez fait.

- oui : 37 (41,5 %)

- non : 50 (56,2%)

- sans réponse : 2 (2,3 %)

 

Parmi les situations décrites :

·         4 cas où les enfants sont (ont été) victimes, pour trois d’entre eux, les parents se sont heurtés à l’incompréhension des parents de l’enfant « agresseur » (chez une assistante maternelle qui a fini par se séparer de l’enfant victime, un dépôt de plainte pour un autre cas).

·         Les situations fréquentes : bagarres pour un jouet, coups de pieds, griffures.

·         Autres : jeu de catch, bagarre à la sortie d’un collège, un enfant agressé par un groupe dans la cour d’une école primaire.

 

Réactions des parents :

·         Les plus fréquentes : explication, médiation, séparation, rappel de l’interdiction, des conséquences.

·         La punition : évoquée trois fois (sans préciser) dont une avec l’objet du litige confisqué

·         Dialogue avec l’enseignant : deux fois

·         Enfant isolé : une fois

·         Des cris d’un adulte témoin d’une bagarre : une fois

 

3. En tant que 1er éducateur de votre enfant, souhaitez-vous être :

Informé  oui : 88 (98,9 %)

              aucune réponse : 1 (1,1 %)

Associé   oui : 68 (76,5 %)

              non : 11 (12,3%)

              sans réponse : 10 (11,2%)

aux initiatives de l’école en matière d’apprentissage du « respect » (respect de l’autre, de son environnement, de son corps …) ?

A noter : une ambigüité sur le terme « associé », dans le sens où le parent participe au projet « vivre ensemble » dans le cadre de l’école ou dans le sens où il serait plus actif dans la prévention de la violence auprès de son enfant. La question a été posée (succinctement) dans deux quizz. D’autres parents n’ont sans doute pas répondu, sans doute de peur d’être sollicités.

 

4. Seriez-vous prêts à participer à ces initiatives, par exemple en remplissant avec votre enfant un prochain quizz, reprenant les thèmes abordés en classe ?

- oui : 85 (95,5%)

- non : 4 (4,5%)

Repost 0
8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 07:17

Un excellent chat sur Le Monde.fr qui vient illustrer nos réflexions sur les causes et la prévention de la violence à l'école.

 

Dans un chat sur Le Monde.fr, Georges Fotinos, inspecteur honoraire de l'Education nationale, membre de l'observatoire international de la violence, regrette que les chefs d'établissement et les enseignants n'aient pas reçu de formation pour affronter le problème de la violence.

 

 

Tuvalu : Est-ce qu'autrefois (il y a 10 ans, 20 ans, 50 ans) il y avait moins de cas de violences scolaires? Ou alors ces faits sont-ils juste davantage médiatisés aujourd'hui?

Georges Fotinos : Non, il n'y avait pas moins de violences il y a 10-20 ans. La preuve : j'ai retrouvé un rapport d'un inspecteur général de 1979 où, ayant inspecté une cinquantaine de collèges dits "sensibles" en France, dans la moitié de ces collèges – et nous sommes en 1979 – la police est intervenue.

 

 

Vincent R. : N'y a-t-il pas dans ce cas une "radicalisation" de cette violence?

Ce n'est pas une radicalisation. Ce sont surtout des faits de violences physiques graves et qui sont assez rares et montés en épingle par une certaine presse, alors que le problème, dans les établissements scolaires, ce sont les microviolences.

C'est-à-dire toutes les agressions verbales, les harcèlements aux multiples formes et les comportements agressifs sans passage à l'acte.

 

Delphine : Bonjour, depuis le début de l'année scolaire, j'ai assisté à de nombreux conseils de discipline dans le collège du 15e arrondissement (Paris) où est scolarisée ma fille. Les élèves exclus à la rentrée ont été remplacés par d'autres, "pires", qui ont été exclus à leur tour, puis remplacés par d'autres "encore pires"... que penser de ce système des vases communiquant entre établissements, simplement pour "maintenir scolarisés" des élèves de moins de 16 ans? Pourquoi n'y a-t-il pas d'autre solution que de les ballader d'un établissement à l'autre?

Il existe d'autres solutions. Un certain nombre d'établissements ont mis en place des dispositifs que l'on appelle "sas", ou "ateliers relais", dans lesquels les enfants exclus bénéficient d'une remise à niveau tant sur le plan du comportement que sur celui des connaissances. Le résultat : en règle générale, plus de 70%, après quinze jours-trois semaines de ce petit parcours en parallèle, qui se situe normalement dans l'établissement, retournent dans leur classe ou une classe parallèle.

 

Urkel : Enseignante en école primaire, nous sommes confrontés cette année à plusieurs cas d'enfants violents et irrespectueux (enfants de CP et de CE2), n'ayant aucun respect des règles et de l'adulte.

 

Vous avez entièrement raison de soulever le problème de la violence à l'école maternelle et à l'école élémentaire, qui est en grande partie occultée tant par les parents d'élèves que par l'institution.

La meilleure façon de répondre à ce type de comportements est de développer, depuis la petite section maternelle jusqu'à la fin de la scolarité élémentaire – CM2 –, les "habiletés sociales". Pour être plus clair – et ça, je l'ai rencontré plus particulièrement au Québec mais aussi dans l'Etat de New York –, c'est de mettre en place un programme qui permet, d'une part, à l'enfant de savoir reconnaître l'émotion chez l'autre et l'émotion chez lui-même, afin tout simplement de la maîtriser ; et, d'autre part, de mettre en place des exercices réguliers et quotidiens d'apprentissage de la vie en commun.

Il existe un certain nombre de programmes portant exactement sur ce sujet, notamment en France. Celui élaboré par Jacques Fortin, médecin pédiatre et ancien conseiller technique de recteurs,  s'appelle "Vivre ensemble". Ce programme est composé de fiches pédagogiques fondées, d'une part, sur des exercices en classe et, d'autre part, sur le travail ordinaire et disciplinaire de la classe.

 

Usage : Je constate chaque jour que l'école brutalise les enfants: des horaires démentiels, des programmes énormes, des classes surchargées, des évaluations sanctions, des cours qui ne font pas sens. La brutalité des enfants n'est-elle pas leur réponse à un système qui les broie alors même qu'ils sont de plus en plus demandeurs d'une humanité qu'ils ne rencontrent plus dans la société?

Vous avez entièrement raison. Je commence par le temps scolaire, que vous dénoncez. Actuellement, il est tout à fait exact que nos enfants, qu'ils soient à l'école primaire ou au collège ou au lycée, sont surchargés de travail et, ce qui est ridicule, sur un nombre très restreint de jours de classe.

Il faut vraiment agir. Plusieurs fédérations de parents d'élèves ainsi que des associations de médecins pédiatres, comme l'Académie de médecine, ont dénoncé récemment ce "scandale". Le ministre vient de décider d'organiser des Etats généraux des rythmes scolaires. Pour ma part, ayant été responsable de ce dossier au ministère il y a longtemps, je persiste à penser, preuves à l'appui, qu'un bon aménagement du temps scolaire, c'est-à-dire un allègement de la journée, une répartition dans la semaine et un allongement de l'année scolaire jusqu'à la mi-juillet, est le meilleur des cadres que l'on puisse trouver pour prévenir la violence à l'école.

Le CNRS (Conseil national de la recherche scientifique), l'INRP (Institut national de recherche pédagogique) et différents instituts universitaires avaient évalué il y a maintenant une dizaine d'années ces expériences d'aménagement du temps scolaire, et tous avaient conclu aux bienfaits de cette politique.

 

ProfHGBobigny : Professeur d'histoire géographie dans un collège de Bobigny, je ne parviens pas à comprendre comment on peut prétendre au ministère que le taux d'encadrement n'a rien à voir avec les violences dans les établissements (qui sont, très majoritairement, des violences entre élèves, reprécisons-le), et que 80 000 suppressions de postes sur 3 ans ainsi que la nomination d'enseignants non formés (de plus en plus fréquent avant même la réforme de l'année de stage, pour combler les manques de remplaçants) n'ont aucune incidence sur le taux d'encadrement des élèves.

Vous n'avez pas tort. Simplement, il faut considérer que l'accroissement des moyens est nécessaire mais non suffisant. Je parle en connaissance de cause, puisque pendant une dizaine d'années, j'ai inspecté les lycées et collèges de l'Académie de Créteil ainsi que ceux du Nord-Pas-de-Calais. Cela veut dire que sans projet, sans une dynamique commune, non seulement des adultes mais aussi une adhésion des élèves, vous pourriez avoir tous les "moyens" du monde que la situation évoluerait peut-être peu.

 

J'ai un exemple précis à vous donner : en 1998, l'année des grandes violences scolaires en banlieue, plus particulièrement en Seine-Saint-Denis, la plupart des moyens annuels supplémentaires du ministère avaient été attribués à cette académie. Au bout de deux ans, la situation était revenue à l'identique.

 

GreenZone : Bonjour M. Fotinos, pensez-vous que le personnel encadrant et enseignant est suffisamment formé pour gérer et surveiller des élèves de différents âges avec différentes préoccupations?

Non. C'est une grande lacune à l'éducation nationale. Par exemple, les chefs d'établissement, qui sont responsables en moyenne de 100 à 150 adultes, donc les gèrent, n'ont presque pas reçu de formation à la gestion des ressources humaines.

A titre de comparaison, tout responsable d'entreprise, petite ou grande, a bénéficié de ce type de formation. Ainsi, bien sûr, comme d'habitude, que les élèves de nos grandes écoles.

Joelle : Est-ce que le problème ne vient pas aussi du fait que ce sont parfois de très jeunes professeurs inexpérimentés qui sont envoyés dans les quartiers difficiles ?

C'est évident. Et malheureusement, c'est une vieille habitude de l'administration de l'éducation nationale. En 1960, mon premier poste d'instituteur a été d'être nommé directement dans une banlieue dite "sinistrée" avec pour élèves des "blousons noirs". Malgré certains efforts pour améliorer cette situation, cela continue.

Et la recherche internationale l'a démontré ainsi qu'Eric Debarbieux : c'est un des facteurs qui jouent le plus sur le déclenchement des faits de violences en milieu scolaire.

Vincent R. : La violence n'est-elle pas le fruit de la perte d'autorité de l'enseignant? Les pressions permanentes des parents d'élèves ne sont-elle pas la cause du comportement massivement irrespectueux que l'on observe à son égard?

Il est exact que l'enseignant a perdu de son autorité au niveau de la classe. Une des raisons, au-delà de la psychologie et du comportement de l'enseignant lui-même, est que le système s'est "administratisé". En effet, lorsqu'un événement surgit dans une classe, l'enseignant a à sa disposition tout un dispositif qui prend en charge l'élève "violent", c'est-à-dire qu'il commence une chaîne administrative qui part du délégué d'élève, en passant par le médiateur, l'assistant d'éducation, le CPE, le chef d'établissement adjoint et, in fine, si nécessaire, le chef d'établissement.

Ce qui veut dire que face à l'élève, l'enseignant est en complète déresponsabilisation pour répondre à cet événement.

Guy : La violence institutionnelle n'est-elle pas la principale responsable du phénomène global?

Non. Le principe même de l'éducation est un principe "violent". Apprendre ne se fait pas spontanément. Il faut de l'effort et une participation à des normes, des règles. Les disciplines scolaires (histoire-géographie, mathématiques, français, etc.), comme leur nom l'indique, sont par certains côtés imposées.

Franck : La violence scolaire n'est-elle pas la traduction de l'hyper-compétitivité économique dans le domaine scolaire pour obtenir la meilleur formation puis le meilleur emploi?

Ma connaissance des établissements scolaires (lycées et collèges) depuis une vingtaine d'années m'incite à vous répondre non, pour l'instant. En effet, plus le temps passera, plus la concurrence sera forte entre les établissements, et j'irai même jusqu'à vous dire pour les écoles primaires.

Martine75 : Est ce que la violence à l'école vient des jeux vidéo?

Je n'ai pas fait d'étude sur ce sujet précis, mais il me semble, notamment pour les enfants ayant des problèmes psychologiques, que cela doit influer.

Ju : Pensez-vous que l'installation de portiques (comme dans les aéroports) et de caméras de vidéo surveillance est efficace ?

Les études américaines ont démontré que les portiques ne servaient pas à grand-chose, puisque des incidents graves dans les établissements qui en étaient dotés se produisaient. Cela ne veut pas dire que, dans certaines circonstances, à titre dissuasif, leur installation n'est pas bénéfique. Pour ma part, l'installation de caméras vidéo, notamment dans les lycées ou collèges ayant une architecture labyrinthique, est vraiment nécessaire.

Joelle : Quelle est selon vous la responsabilité des parents dans la violence scolaire? Est-ce que certains ne donnent pas le mauvais exemple, en contestant les punitions par exemple ?

Le problème de la violence à l'école ne peut être pleinement résolu qu'avec le consentement et la participation des parents. Pour ce faire, il faut que les parents soient associés de façon plus proche au fonctionnement de l'école et que les enseignants acceptent de les considérer comme des partenaires. Quand cela fonctionne réellement, c'est-à-dire quand les parents sont associés à des projets éducatifs, et non seulement "convoqués" par le directeur, le chef d'établissement ou l'enseignant pour toujours un fait à reprocher à leur enfant, la violence diminue considérablement.

Je vous cite en exemple un collège de 900 élèves de Champigny, quartier des Mordacs (Val-de-Marne), situé en ZEP et en zone violence, où au cours de l'année scolaire il n'y avait aucun conseil de discipline. Toute l'organisation était centrée sur le partenariat avec les parents.

 

Chat modéré par Maryline Baumard et Caroline Monnot

 

Repost 0
5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:13
  Un article de journal pour compléter ce thème. Pour rappel, les jeux dangereux tuent environ un enfant par mois en France.

Jeu du foulard : «Comme une drogue pour certains enfants»

Propos recueillis par Flore Galaud (lefigaro.fr)
03/12/2009 

INTERVIEW - A l'occasion du premier colloque international sur le jeu du foulard, Marie-France Le Heuzey, psychiatre à l'hôpital Debré de Paris, revient sur cette pratique à risques, qui a officiellement fait treize victimes cette année en France.

Jeu du foulard, jeu du cosmos, de la tomate ou encore rêve indien : les appellations divergent pour nommer cette pratique, qui, depuis une dizaine d'années, a fait son entrée à l'école. Reste que l'expérience, qui consiste à s'étrangler volontairement pour éprouver de nouvelles sensations, est loin d'être anodine et fait chaque année des victimes en France.

En 2009, treize décès d'enfants ont été officiellement attribués au jeu du foulard. Mais il pourrait y en avoir plus. En effet, dans certains cas, les enquêteurs concluent à un suicide et non à un accident, car l'enfant est retrouvé avec un lien noué autour du cou.

Grâce à plusieurs associations de parents, l'opinion publique commence à se sensibiliser sur ce sujet. L'Apeas, association de parents d'enfants accidentés par strangulation, organise jeudi le premier colloque international sur ces pratiques d'évanouissement. A cette occasion, Marie-France Le Heuzey, médecin psychiatre dans le service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Robert-Debré de Paris et auteur de «Jeux Dangereux : quand l'enfant prend des risques» (éditions Odile Jacob), répond aux questions du figaro.fr.

LEFIGARO.FR - Depuis quelques années, on parle de plus en plus de la pratique du jeu du foulard à l'école. Pour autant, peut-on parler d'un phénomène comportemental nouveau ?

MARIE-FRANCE LE HEUZEY - Cette pratique a toujours existé, notamment dans certaines pratiques sexuelles chez les adultes [principe d'asphyxiophilie : recherche du plaisir en se coupant d'oxygène, ndlr]. Pour autant, sa forme est peut-être assez nouvelle puisqu'on la constate aussi dans les cours de récréation depuis une dizaine d'années, où les enfants «s'amusent» à y recourir sans qu'il y ait recherche de plaisir sexuel. Ils le prennent comme un jeu, qui leur procure des sensations nouvelles.

A partir de quel âge, généralement, les enfants commencent-ils à expérimenter ce jeu dangereux ?

Si la pratique semble plus étendue au collège, on la constate désormais également à l'école primaire. Les cas les plus jeunes se situent aux alentours de huit ans. Mais récemment, j'ai également rencontré une patiente qui n'en avait que six.

Existe-t-il un profil type pour s'y adonner ?

Peu d'études ont été réalisées sur le jeu du foulard, ce qui rend certaines conclusions assez difficiles. On constate tout de même que ce sont souvent les enfants casse-cou qui sont les plus «à risque». Donc, dans beaucoup de cas, il s'agit de garçons qui ont tendance à se mettre en danger, qui sont à la recherche de sensations fortes. Mais dans l'ensemble, tous les enfants restent exposés : un garçon réservé, par exemple, peut également y avoir recours pour tenter d'intégrer un groupe. Et il ne faut pas oublier qu'il y a également des enfants qui sont forcés par des camarades d'école à le faire.

Ce jeu peut-il devenir une addiction ?

Absolument. En le pratiquant, les enfants éprouvent un sentiment de vertige, la sensation de planer. Certains ont même des visions, un peu comme avec des drogues. Des enfants y prennent donc goût et se retrouvent à le pratiquer de façon quotidienne, à l'école mais également chez eux, dans leur chambre.

Les parents d'enfants victimes disent souvent ne s'être doutés de rien. Peut-on toutefois identifier quelques signes avant coureurs ?

Il est effectivement très difficile de remarquer quoi que ce soit, et les parents éprouvent souvent un grand sentiment de culpabilité. On peut identifier quelques indices, mais cela reste très léger : un enfant qui met tout le temps des cols roulés [pour dissimuler les traces de strangulation, ndlr], qui joue sans cesse avec ses ceintures, ou qui éprouve de fréquents maux de tête et qui a souvent les yeux rouges... Tout comme un enfant qui s'enferme trop souvent à clé dans sa chambre. Mais il ne faut pas non plus céder à la paranoïa.

Quels conseils donneriez-vous à des parents qui soupçonnent leur enfant de s'adonner à cette pratique ?

Avant tout, d'arriver à en parler avec lui. De bien lui faire prendre conscience du danger. Autant un adolescent peut le savoir, autant un enfant de huit ans a rarement ce genre de considération. Ensuite, se tourner vers l'école, essayer d'obtenir plus de renseignements : la pratique a-t-elle déjà été constatée au sein de l'école ? Comment l'enfant se comporte-t-il là-bas ? Et enfin, bien souvent, il est également nécessaire de consulter un spécialiste pour essayer de comprendre quelle est la motivation de l'enfant. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas surtout pas minimiser l'acte.

 

 

 

 

 

Repost 0
27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 21:42

Jeux dangereux   : comment les prévenir ?

 

Docteur Marie -France  LE HEUZEY,

Auteur de : Jeux dangereux : quand l’enfant prend des risques

éditions Odile Jacob 2009

 

 

Les conduites de risque étaient  classiquement l’apanage de l’adolescence. Pourtant on assiste depuis quelques années à un rajeunissement des comportements de mise en danger :  consommations d’alcool, de tabac et de drogue de plus en plus précoces  , pratiques de sports à risque, troubles du comportement alimentaire (anorexie mentale prépubère…) , et au sein de ces mises en danger la pratique , en milieu scolaire souvent, de «   jeux dangereux »

Victime ou  acteur plus ou moins consentant tout élève est   confronté un jour ou l’autre à un de ces jeux  , mais il en  garde généralement le secret vis à vis de ses parents     

 Ces jeux sont dangereux pour soi même ou pour autrui, parfois pour les deux .

On distingue deux grandes catégories de jeux : les jeux de non oxygénation et les jeux d’agression

1/les jeux  de  non oxygénation ,«  jeu du foulard  , jeu du cosmos, rêve indien,   30 secondes de bonheur, coma indien, rêve bleu etc… » ,  se pratiquent seul ou à plusieurs .

A l’aide d’une ceinture , d’un foulard  et plus souvent seulement à l’aide des pouces placés sur les carotides, « on »  s’étrangle jusqu’à  la perte de connaissance.           

 Le  but  est de priver le cerveau d’oxygène et   de créer  .avant la perte de connaissance des sensations  « agréables  «  ;  mais  la prolongation de l’anoxie  peut  conduire au coma  puis au décès. Certains  jeunes  se mettent     à jouer  seuls chez eux  ce qui augmente notablement  le risque d’issue fatale

Il existe des variantes  des jeux de non oxygénation  tels que le jeu du sternum ,le jeu de la tomate  ,le jeu de la grenouille   

2/  les jeux d’agression

En leur sein on peut différencier les jeux intentionnels où  a priori les enfants jouent volontairement, mais où en fonction des aléas du jeu le même enfant peut être tour à tour agresseur ou agressé (jeu de la canette,du cercle infernal ..),et les jeux contraints où

  un enfant est choisi le matin comme victime et fait l’objet de coups  et d’ humiliation  par le groupe d’agresseurs (jeu de la mort subite,des cartons rouges …)Ces jeux s’intègrent dans le phénomène plus large du « bullying » :  conduites d’agression systématique de certains enfants par d’autres ,avec son prolongement sur internet : le cyberbullying

 

Comment analyser ces comportements ?

Les jeux de strangulation ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais  les publications scientifiques  les ont longtemps   assimilés à des conduites suicidaires ou  à des comportements paraphiliques  (perversion sexuelle)  Il a fallu    les années  2000       , et la mobilisation de parents endeuillés  pour que ces pratiques soient reconnues    …..

Les mécanismes psychologiques qui conduisent à ces jeux sont variés :     recherche de nouveauté , recherche de sensation forte  , d’éprouvé intense et de vertige…

 La sensation de plaisir et le  vertige    conduisent  à la répétition du jeu,comme dans une addiction : "Toxicomanie sans drogue"        

Le milieu environnant  joue un rôle important ,certains enfants jouant pour obtenir la   reconnaissance par les pairs :pour être admis dans un groupe de copains, il faut en passer par certains rites ,il ne faut pas « se dégonfler »,ne pas perdre la face    .     

La participation à des jeux d’agression soulève la question  des  comportements violents durant l’enfance et l’adolescence  : manque de repères stables dans l’environnement familial, manque de  certaines valeurs, sentiment d’insécurité, observation  ou vécu de violences domestiques, valorisation de la violence à la télévision et   dans les jeux videos

 

 Que faire ?

Certains signes peuvent   être repérés par les parents   : traces rouges autour du cou, notion de vision floue, d’étourdissements, de bourdonnements d’oreilles, de fatigue, de baisse du rendement scolaire, difficulté à se séparer de sa ceinture, ou de son foulard

Les parents doivent informer les enfants des dangers, en se faisant aider de leur médecin ;Des informations et prévention peuvent être mises  en place à l’école

En cas d’agressions il est important de ne pas minimiser ni pour l’agresseur ni pour la victime.

L'enfant victime de mauvais traitements de la part des autres peut présenter différentes traces de coups non ou mal expliqués, avec vêtements déchirés, lunettes trop souvent cassées…

Parfois c'est le refus d'aller à l'école accompagné de signes anxieux ("tableau de phobie scolaire")L'anxiété et  la peur  sont parfois   exprimées verbalement, ou plus souvent  physiquement (douleurs abdominales ou  céphalées répétitives )  

La souffrance de la victime doit être entendue.,par ses parents ,l’équipe scolaire et éventuellement un psy

Le ou les agresseurs doivent être punis ,leurs parents prévenus . 

 

Questions abordées ?

L’age minimum pour parler de ces choses

L’écoute  variable des établissements scolaires

L’attitude des autres parents

Le matériel de prévention disponible pour les enfants aux mêmes

Le catch ; le rôle de la TV et des jeux  sur écran

    

Repost 0
21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 14:49

Les jeux dangereux, comment les prévenir :


Conférence animée par Marie-France Le Heuzey, médecin psychiatre pour enfants et adolescents et formatrice à l’école des Parents et des Educateurs d’IDF.



On a défini  2 catégories de jeux dangereux :
 

         Agression (bullying),

Un groupe attaque (au hasard ou non) une victime.

. Avec ou sans contrainte pour la victime, qui peut être consentante et se transformer en bourreau la fois d’après,

        . L’agression peut être répétée (harcèlement) et entraîner une peur panique d’aller à l’école pour la victime,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bullying

 

          Non-oxygénation (entraîne des hallucinations): 

Ex : jeu du foulard, de la tomate, des 30 secondes de bonheur…

Ces jeux sont très dangereux car ils peuvent être pratiqués de manière solitaire. La majorité des décès ont été constatés quand l’enfant a reproduit le jeu seul dans sa chambre et n’a pu être réanimé. On notera le fort risque d’addiction (peut être assimilé à une perversion sexuelle.  


  Y-a-t-il des enfants (ou adolescents) à risque (agresseur ou agressé)?


Les enfants  en recherche de sensation, de nouveauté, qui ont tendance à s’ennuyer.

Ceci nécessite plus de vigilance lorsque les enfants sont précoces, hyperactifs, déprimés (ils sont guidés  par un besoin de sensations nouvelles, plutôt que par des pulsions suicidaires),


  Age de début ?
 : de plus en plus tôt. Les explications sont multiples : télévision, jeux vidéo… et révèlent que les enfants sont livrés à eux même (sans contrôle parental  de leurs activités) de plus en plus jeunes…

Une 3ème catégorie de jeux dangereux résulte directement de l’apparition de nouveaux programmes TV aux heures de grande écoute. Ex : le catch. Les enfants essaient  de reproduire les figures dans la cour de récréation, sans comprendre qu’il s’agit d’un spectacle truqué, réalisé par des sportifs bien préparés physiquement.

 
  Détection, 

En         cas de harcèlement : changement de comportement de l’enfant (peur de l’école ou du collège), 

              L’enfant est très essoufflé, en sueur à la fin de la récréation (risque de non-oxygénation),

              Dans la majorité des cas, l’enfant a un comportement similaire (agressivité ou au contraire effacement) à l’école et à la maison.  On distinguera cependant les cas de « tyrans familiaux » (ces enfants peuvent compenser une maltraitance à l’école) ou inversement les enfants maltraités à la maison (ou témoins de maltraitance chez eux), qui peuvent adopter un comportement agressif à l’école. On cite aussi les garçons qui peuvent reproduire à l’école des  comportements  sexuels observés à la maison ou à la TV…


Détection pas toujours aisée car certains enfants ne parlent pas… il faut donc engager la conversation sur des sujets connexes pour les amener progressivement sur les sujets en lien avec le problème détecté.


Réponse à apporter aux enfants:

 Les parents ne savent pas toujours comment réagir lorsque leurs enfants ont été victimes de ces jeux :

             Faut-il dire à l’enfant de se défendre ?

            Ne risque-t-on pas d’éveiller la curiosité si on parle des jeux dangereux ?

 
 5 conseils:

               Ne pas faire de recommandation en opposition avec les principes d’éducation (bats-toi…),

               La prévention peut commencer très jeune (5 ans) en traitant de thématiques plus large : « apprendre à vivre ensemble », «le corps doit-être respecté »,

               Ne pas laisser un enfant « à risque » livré à lui-même. Pratique d’activités très encadrée  (dans  des clubs   sportifs…),

               L’agresseur doit-être puni. Un adulte témoin de ce type de situation doit intervenir,

               Possibilité de consulter : CMP (consultation Médico – Psychologique) CMPP (Consultation Médico Pédo-Psychiatrique)


 
Parents et enseignants :

  Les écoles sont souvent sensibilisées au problème.

 On peut cependant regretter l’absence de travail en commun (manque d’habitude, difficulté à définir des domaines  partagés), ou l’absence de communication auprès des parents des enfants victimes.

Il existe cependant des cellules anti-bullying (harcèlement) animées par des parents d’élèves.

Des associations se sont également constituées et proposent des KIT de formation aux jeux dangereux…

 

Exemple :

http://www.sosbenjamin.org/


Repost 0
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 22:04
Conférence débat animée par Marie-France le Heuzey, médecin psychiatre pour enfants et adolescents et formatrice à l'Ecole des Parents et des Educateurs d'IDF.

Mercredi 18 novembre de 20h à 22h au Ginkgo (7/9 bd Jean Jaurès)
Houilles
Repost 0

Présentation

  • : Le blog de la FCPE de Houilles 78
  • Le blog de la FCPE de Houilles 78
  • : blog de la FCPE de houilles, pour les parents qui souhaitent comprendre et participer au fonctionnement de l'école publique, promouvoir des valeurs partagées (laïcité, gratuité, école pour tous).
  • Contact

Recherche

Archives